Journal d'entraînement d'une corneille 1

Publié le par fidelecanin

Journal d'entraînement d'une corneille 1

Quelle ne fut pas ma surprise de me faire offrir d'entraîner une corneille vivant dans un refuge! Une corneille de sexe masculin nommée Kevin, ne pouvant être remise en liberté car handicapée à un oeil, avait besoin d'un enrichissement de l'environnement et peut-être un entraînement dans le but de devenir l'embasseur du refuge. Pouvais-je intervenir me demanda Jennifer Tremblay, directrice du centre SOS Miss Doolittle? Pourquoi ne pas essayer? Alors j'acceptai. Ma première expérience en entraînement avec un animal sauvage!

Aujourd'hui, le 6 octobre, eu lieu le premier contact avec Kevin. Pas évident pour un animal sauvage de cotôyer un humain.... il faut dire que Kevin est tombé de son nid étant adolescent et a été gravement blessé dans sa chute. Il ne voit probablement pas de l'oeil droit et a subit un traumatisme cranien. Il est en convalescence et parce qu'il ne voit pas d'un oeil, il ne pourrait survivre en forêt. Il ne pourra être relâché. Il a commencé à voler depuis peu. Il est actuellement dans une pièce convertie en volière. Il n'est donc pas domestiqué car tout a été mis en oeuvre pour éviter une familisarisation à l'humain: la mission première de ce refuge est de remettre les animaux dans leur habitat naturel.

A mon entrée dans la voilière, Kevin a peur et s'en va par terre dans un coin (photo 1). Il fait des va-et-vient caractéristiques de la panique. Je reste assise sur un petit banc à l'observer et à lancer des morceaux de blé d'inde et des grains de moulée pour chat (des aliments qu'il aime). Il ne mange pas, il est trop stressé. Je reste à réfléchir là pendant 30 minutes et à l'observer. Il vole juste sur une branche de l'arbre de la voilière. Il m'observe (photo 2) (vidéo1). Je clique occasionnellement juste pour l'habituer au son du i-click, mais il se met a trembler. Donc, je dois trouver autre chose. J'attends un peu et le laisse de familiariser à ma présence. Il commence à relaxer et à jouer avec son perchoir (vidéo 2). Pendant qu'il joue, je clique!

Je vais voir Jennifer pour en savoir plus sur la corneille et son alimentation (je cherche un meilleur motivateur). Elle me dit que les corneilles mangent de petits rongeurs, comme des souris. Donc, ils aiment la viande. J'ai aussi observé, comme vous problement, que les corneilles mangent les animaux morts sur le bord des routes. Donc, ils aiments la viande! Et au centre, il n'en mange pas.

Donc, je demande à Jennifer si elle a de la viande. Oui, du boeuf! Quelle chance! Comme j'ai aussi un problème à approcher Kevin, je dois pouvoir lui donner cette viande sans la lancer (car il ne voit pas) et sans lui faire peur. Je dois pouvoir lui offrir sans trop m'apporcher de lui. Je demande donc à Jennifer un long bâton et une épingle à linge et je me confectionne un distributeur de viande à longue portée!

Ça marche! Kevin qui se tient sur sa branche, accepte de manger tout de suite sur mon bâton de 5 pieds et je clique allègrement à chaque fois qu'il touche la viande pour associer le son à ce qu'il aime et veut avoir. Il en mange une bonne partie et jette le reste par terre (probablement les morceaux les moins intéressants). Yes! Voilà ma première petite victoire! (photo 3) (video 3).

Je suis actuellement au bout du bâton. Cela ne me prend que 5 minutes à cliquer pour m'avancer à seulement 1 pied de Kevin. Il mange toujours avec bonheur! Je le sens, il est content! (vidéo 4)

Rapidement, je passe à l'autre étape: la nourriture dans la main. Et ça fonctionne tout de suite malgré quelques picorements dans la main (photo 5) . Mais son appétit diminue (il a un appétit d'oiseau!). Et la nourriture n'a soudain plus aucun intérêt pour lui. Il n'a plus faim.

Je suis maintenant à une courte distance de lui et il ne pense même plus à reculer ou fuir. Il me montre même son dos (signe qu'il a confiance). Il me regarde en penchant la tête de côté. Le premier contact est donc bien établi.

Je décide de passer à un autre étape et d'avoir un contact physique avec lui: j'avance et le caresse sur la poitrine (photo 4). Il ne recule pas et accepte ma caresse! Mais seulement une, car à la deuxième, j'ai droit à un croassement! Bon, j'ai compris mon ami... j'arrête là pour aujourd'hui!

Ça y est, la glace est cassée avec Kevin. Je suis bien contente de ce premier contact.

Je reviendrai bientôt pour la poursuite de son entraînement.

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